« Les démons de l’abbé Pierre » : Envoyé spécial sur France 2 (16/01/2024)

https://www.france.tv/france-2/envoye-special/6876508-les-demons-de-l-abbe-pierre.html
Interview du réalisateur et journaliste d’investigation, Adrian Jaouen : https://www.youtube.com/watch?v=GR3G5pkEj_k

« Abbé Pierre, 50 ans d’impunité » : l’enquête de BFMTV (12/01/2025) :

Émission, « C à vous » : témoignage de Rachel, 26 septembre 2024.
Émission « Mediapart » : témoignage de Pascale, 12 septembre 2024.
Émission « En société », 30 septembre 2024 :
Émission « Sens public », 16 septembre 2024 :
La page Wikipédia dédiée à l’Affaire Abbé Pierre est de bonne qualité et ne comporte que quelques erreurs :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Abus_sexuels_de_l%27abb%C3%A9_Pierre
Maisons closes et double vie en Suisse, 16 septembre 2024 : https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/abbe-pierre-accuse-de-violences-sexuelles/maisons-closes-et-liaison-avec-une-femme-la-television-suisse-revele-la-double-vie-de-l-abbe-pierre-a-geneve_6784135.html

Quand l’abbé Pierre menaçait ceux qui dénonçaient ses agissements, 9 septembre 2024 : https://www.francetvinfo.fr/enquetes-franceinfo/enquete-quand-l-abbe-pierre-menacait-ceux-qui-denoncaient-ses-agissements_6770512.html

« On ne fera croire à personne que seule l’Église catholique était informée » (Jean-Marc Sauvé), 4 octobre 2024 :
https://www.rcf.fr/articles/economie-et-societe/affaire-abbe-pierre-jeanmarc-sauve-on-ne-fera-croire-a-personne-que
L‘abbé Pierre accusé de violences sexuelles : « Cet homme a sévi 50 ans, comment est-ce possible ? », s’interroge la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France, 9 septembre 2024 :
Le Point (07/09/2024) :
RTL (07/09/2024) :
Véronique Margron évoque également « une forme d’impuissance » et de « colère » en se demandant : « Comment est-ce possible que cet homme si connu soit dans une telle impunité pendant cinquante ans ? » D’autres personnes étaient au courant d’après elle.
La Dépêche (14/09/2024) :
Pour Véronique Margron, la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref), « on ne peut sérieusement imaginer une seconde que cela s’est fait à l’insu de tout le monde. Sur une figure aussi connue, aussi publique, aussi repérée, c’est impossible ». Pour la religieuse, il fallait sans doute « protéger la naissance de ce qui allait s’appeler Emmaüs » : « La figure de l’Abbé Pierre était trop forte et le mouvement trop important pour aller au-delà de décisions de conscience personnelle ».
La Vie (23/08/2024) :
Affaire Abbé Pierre : Emmaüs et l’Église sous pression.
Après les révélations, le 17 juillet 2024, d’agressions sexuelles commises par le fondateur d’Emmaüs, l’ampleur des faits reprochés s’accroît. Surtout, des zones d’ombre persistent concernant la responsabilité de son entourage dans la prévention de son comportement.
Le Monde (03/08/2024) :


L’abbé Pierre accusé de violences sexuelles : au moins « quelques évêques » savaient dès les années 1950, affirme le président de la Conférence des évêques de France, 16 septembre 2024 : https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/abbe-pierre-accuse-de-violences-sexuelles/l-abbe-pierre-accuse-de-violences-sexuelles-au-moins-quelques-eveques-savaient-des-les-annees-50-affirme-le-president-de-la-conference-des-eveques-de-france_6784438.html

Pour la première fois, le comportement de l’abbé Pierre est évoqué explicitement. Monseigneur Veuillot : « Il s’agissait en effet d’un grand malade mental », écrit-il, avant de détailler la « perte de tout contrôle de soi, notamment après les livres à succès » et des « jeunes filles […] marquées pour la vie », 25 septembre 2024. https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/document-rtl-un-grand-malade-mental-la-lettre-qui-accable-l-abbe-pierre-7900421486

« L’aide charitable de l’abbé Pierre s’est vite transformée en échange de faveurs sexuelles », 10 septembre 2024. https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/l-abbe-pierre-accuse-d-agressions-sexuelles-faveurs-sexuelles-demandes-de-fellation-la-fille-d-une-victime-presumee-temoigne-7900416165

« Abbé Pierre : le Vatican et l’épiscopat français savaient », 26 septembre 2024. https://www.temoignagechretien.fr/abbe-pierre-le-vatican-et-lepiscopat-francais-savaient/


Libération – « Abbé Pierre : Une première demande d’indemnisation d’une victime du prêtre, mineur au moment des faits », 8 février 2025.

« Affaire Abbé Pierre : tout comprendre à la chronologie du scandale », 17 avril 2025 :
Rapport Égaé n°1 (17/07/2024) : https://www.emmaus-international.org/fr/press/emmaus-international-emmaus-france-et-la-fondation-abbe-pierre-rendent-publics-des-faits-graves-commis-par-labbe-pierre/
Rapport Egaé n°2 (04/09/2024) : https://www.fondation-abbe-pierre.fr/sites/default/files/2024-09/Dispositif_de_temoignages-Etat_de_situation_04092024.pdf
Rapport Egaé n°3 (13/01/2025) : https://emmaus-france.org/wp-content/uploads/2025/01/3.-Recueil-de-temoignages-Rapport-n%C2%B03-08012025.pdf
Note de synthèse « de fin de mission » du groupe Egaé (13/01/2025) : https://emmaus-france.org/wp-content/uploads/2025/01/Synthese-de-fin-de-mission-Emmaus-Groupe-Egae.pdf
Rapport Egaé n°4 (09/07/2025) : https://emmaus-france.org/wp-content/uploads/2025/07/3_CR-dactivite-Emmaus-Groupe-Egae-1.pdf
L’avis d’EVA (rédaction : Philippe Dupont) :
Il est possible d’affirmer que le nombre de victimes de l’abbé Pierre est nettement supérieur au nombre connu à l’heure actuelle.
Le groupe Egaé a communiqué un nombre de victimes contestable. Les trois premiers rapports Egaé ne comptabilisent pas les victimes identifiées par un témoin indirect, celles qui sont décédées ou celles qui ont refusé que leur témoignage soit connu. Cette méthode de calcul, respectée dans les trois premiers rapports, a été modifiée dans le quatrième. Les rapports Egaé manquent de rigueur ; ils comportent des lacunes, des contradictions et des erreurs.
L’abbé Pierre est un criminel et un délinquant sexuel qui a sévi pendant au moins soixante-dix ans. Les premières traces problématiques datent de la Guerre. EVA a identifié un témoin indirect qui rapporte des faits qui se sont produits en 1944 au Maroc.
Henri Grouès était un prédateur sexuel multirécidiviste qui a agressé des centaines de personnes pendant des décennies dans le monde entier, en profitant de la complicité passive et de la loi du silence de son entourage, c’est-à-dire essentiellement de l’Eglise catholique et d’Emmaüs, mais aussi de journalistes, de fonctionnaires, de dirigeants politiques, de membres de sa famille et d’amis. Il a utilisé le chantage et la menace pour camoufler ses forfaits. Ses violences se sont exercées sur des femmes (y compris plusieurs de ses nièces), des hommes et des enfants.

Accusations contre l’abbé Pierre : une archive expose de 2009 Martin Hirsch
Cette affaire montre le limites des travaux (comme ceux de la CIASE par exemple) qui se sont cantonnés à étudier la question des violences sexuelles commises par le clergé catholique sur les seuls mineurs. De nombreux adultes ont également été victimes et dans des proportions graves. L’Abbé Pierre s’en est pris à des mineurs et des majeurs. Il est à l’intersection des deux types de prédations.
L’Affaire Abbé Pierre est un exemple instructif et terrible d’une situation où un homme peut se retrouver dans un état de toute-puissance de fait, grâce à sa réputation et son charisme et de multiples conjonctions d’intérêts qui convergent vers lui. De multiples raisons humanitaires, morales, politiques, financières et religieuses ont justifié la loi du silence et la statu quo relatif. Les dirigeants d’Emmaüs, les proches de l’Abbé Pierre et l’Eglise catholique ne sont pas les seuls responsables de cette catastrophe. Le mythe Abbé Pierre est avant tout une construction populaire et médiatique, construction qu’Emmaüs, l’Eglise et l’intéressé lui-même ont parfois essayé d’atténuer. Ce phénomène attire notre attention sur la capacité des citoyens et des médias à s’aveugler sur un homme, dans de telles proportions, malgré les quelques mises en garde qui existaient et le nombre considérable de personnes qui pouvaient témoigner contre lui.
L’Affaire Abbé Pierre montre que pour de nombreuses personnes de son entourage, à Emmaüs et dans sa famille, le fait qu’Henri Grouès pratique des attouchements sur des poitrines et inflige des baisers forcés avec la langue (c’est-à-dire des agressions sexuelles) à des femmes n’était pas disqualifiant. Ce n’était pas rédhibitoire pour en faire une icône de la bonté, pour diffuser son message (par ailleurs humaniste), pour le présenter comme un héros des droits humains, pour créer une fondation à son nom (tardivement, alors qu’il avait déjà 80 ans et un passif sulfureux) et pour lui dédier un musée. L’Affaire Abbé Pierre prouve que, jusqu’alors et dans certaines circonstances, l’aura, le message et les réussites d’un homme, peuvent le mettre dans une telle position qu’il n’est pas décrédibilisé par les violences sexuelles qu’il commet par ailleurs, pour les personnes qui les connaissent. L’Affaire Abbé Pierre montre la conjonction entre les logiques de prédation sexuelle et d’emprise, entre la violence sexuelle répétée et le pouvoir toxique, comme on a pu l’observer depuis longtemps dans de nombreux cas au sein des groupes à dérives sectaires. L’Abbé Pierre s’est comporté comme un gourou libidineux au milieu de sa secte ; une secte au périmètre élargi, qui allait au-delà d’Emmaüs et de l’Eglise.
L’enquête sur cette affaire continue avec le groupe d’étude d’EVA qui publie des articles dans la presse (dans Golias notamment), avec les journalistes d’investigation qui sortiront des productions nouvelles et la commission mandatée par Emmaüs présidée par Céline Béraud. De nouvelles révélations sont encore à venir sur cette histoire ahurissante.
On peut regretter le coup éditorial malhonnête qui a été infligé aux Français en avril 2025 par deux autrices qui ont publié un livre malsain, en partie faux et diffamatoire sur l’abbé Pierre (« La fabrique d’un saint »). Ce livre est truffé d’erreurs et d’anachronismes. EVA a réagi en publiant trois articles à ce sujet pour mettre en garde les lecteurs. On peut les retrouver ici : https://www.facebook.com/philippedupont1976/posts/pfbid02Gj9f9KtX4htW3QwqUZMyaLjvbsHqqumerk2kWq3HGvnV4Y9Ep7tURYFfZub5iWhTl
et ici : https://www.facebook.com/share/v/19dFNwiZrj/
Tous les journalistes d’investigation, toutes les commissions d’enquête privées (qu’elles soient ou non mandatées par les organisations complices des prédateurs) ne peuvent pas nous satisfaire. En de pareilles circonstances, compte tenu de l’ampleur et de la gravité des faits, parce que la société et le sens de l’Histoire le demandent, il faudrait reculer les délais de prescriptions pour le délit de non-dénonciation, quand le prédateur est mort, afin que la justice puisse s’emparer du dossier et qu’une vraie enquête puisse être menée en bonne et due forme. Rappelons que nous sommes dans un Etat de droit ! Quoi qu’il en soit, il y a un manque criant d’enquête de police et de procédure de justice en pareilles circonstances. La justice abandonne les citoyens et les victimes, à cause de lacunes dans les outils juridiques à la disposition de la société.
Le silence de l’entourage et peut-être même la complicité de quelques personnes (des pistes sérieuses de recherche allant dans ce sens sont en cours d’exploration ; le rapport Egaé n°4 renforce cette présomption) ont été des conditions sine qua non de la réitération des faits d’agressions sexuelles et de viols commis par l’abbé Pierre. Dans l’Affaire Abbé Pierre, deux institutions sont en cause avec des personnes qui sont encore en responsabilités et qui se cachent ou mentent. Nous demandons que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que justice soit rendue. C’est à la justice d’intervenir. Nous avons déposé deux signalements à la justice pour cela.
Nous demandons qu’un processus de réparation collective soit menée, surtout à Emmaüs. Si l’abbé Pierre a pu être un tel agresseur sexuel, c’est que le phénomène est grave, et quantitativement important, dans notre société. Il faut s’emparer du sujet avec la plus grande énergie. C’est le sens de notre engagement à EVA.
Rejoignez-nous : https://www.helloasso.com/associations/eva-esperance-verite-amitie/formulaires/1